PAULO DEUXIEME MATCH (INTERVIEW)

Héros de ce week-end, chez lui à Strasbourg, Paul-Henri Mathieu savourait son bonheur. Il affirme ne pas avoir pensé à sa défaite face au Russe Mikhaïl Youzhny lors de la finale 2002, même si le scénario de son match face à Thomas Johansson, et les circonstances, ont présenté bien des similitudes...


- Paul-Henri, ce fut un match vraiment très intense...
- Ca a été un match compliqué. Après avoir eu deux balles de match dans le troisième set pour finalement le perdre, ce fut dur dans la tête. Mais j'ai eu le mérite de bien revenir à la fin du quatrième.

- Justement, comment avez-vous trouvé l'énergie pour revenir dans ce set ? Il y a notamment eu des balles de 4-1 contre vous...
- J'ai essayé d'être un peu plus relâché. J'avais beaucoup donné durant les trois premiers sets. J'essayais de récupérer un peu. Et quand je suis revenu dans le quatrième et que j'ai rebreaké, j'avais de nouveau un peu plus d'énergie. J'étais plus agressif et c'est ce qui m'a permis de gagner.

- Vous semblez extenué, mais on imagine que la satisfaction d'avoir gagné a pris le dessus sur la fatigue...
- C'est vrai que je suis fatigué. D'ailleurs, j'avais du mal à croire que j'avais gagné. Et j'étais d'autant plus content que j'ai eu beaucoup de balles de match avant de m'imposer.

- Avez-vous pensé à ce cinquième match contre Youzhny (NDLR : perdu en cinq sets 6-3 6-2 3-6 5-7 4-6), face à la Russie, lors de la finale 2002 ?
- Non pas du tout. A Bercy, je n'avais pas eu de balles de match. Là, j'en ai deux, mais j'ai quand même par la suite tenté ma chance. J'aurais pu peut-être venir au filet plus souvent mais il a bien ramené tous mes coups. Puis après, il a mieux joué.

- Avez-vous eu tout de même peur que ce match vous échappe ?
- Après la perte du troisième set, il a fallu tout recommencer, ce qui n'est jamais évident. Lui commençait à mieux jouer, à mieux servir, donc bien sûr, ce n'était pas gagné.

- A titre personnel, cela restera-t-il comme votre plus grand match de Coupe Davis ?
- Ce sont des sensations incroyables. Je pense même que quand j'ai gagné les deux tournois sur le circuit principal (NDLR : Moscou et Lyon en 2002), je n'ai pas ressenti la même chose à la fin. C'est vraiment des sensations extraordinaires.

- Cette victoire a, en plus, lieu dans votre ville natale ?
- Oui, c'est vrai. En plus c'est chez moi, à Strasbourg. Rien de plus beau ne pouvait m'arriver.

- L'effusion de joie à la fin de la rencontre, rarement vue après un premier tour, est-elle liée au scénario de ce match ?
- Il y avait de la tension. Jouer la Suède au premier tour n'est jamais évident. Quand on fait une rencontre de Coupe Davis, pour nous, c'est une finale à chaque fois. On a tout donné. On était donc très contents à la fin.

- C'était votre troisième sélection et c'est la première fois que vous donnez la victoire à l'équipe. Que ressent-on dans cette situation ?
- D'abord, je suis content pour toute l'équipe. On s'est entraidés pendant dix jours. On mérite tous d'avoir gagné cette rencontre.

- Ce match s'est-il gagné sur l'attitude ?
- Je pense vraiment qu'en Coupe Davis, et durant toute l'année d'ailleurs, celui qui veut le plus gagner l'emporte souvent. C'est important d'être agressif et de montrer à l'autre que l'on a plus envie de gagner que lui. C'est ce qui fait la différence.

- Mais trouve-t-on plus facilement cette rage de vaincre en Coupe Davis ?
- Oui, sûrement. C'est une compétition à part, même si je ne devrais pas dire ça puisque ça devrait être comme ça toutes les semaines. Mais c'est vrai que c'est plus facile dans les grands rendez-vous, en Grand Chelem ou en Coupe Davis. Ce sont des objectifs un peu à part.

- Que cela vous fait-il d'être le héros du week-end ?
- Il est difficile de dire que je suis le héros. Hier, les garçons ont gagné le double et ont fait un très bon match. C'est le travail de toute une équipe. On s'est vraiment entraînés durement durant dix jours. On a fait des efforts avec tout le staff et je pense que l'on méritait de gagner cette rencontre.

- En attendant, vous devenez indispensable à cette équipe de France...
- Non, je ne pense pas. Tout le monde apporte quelque chose. Je suis seulement content d'avoir pu apporter ces deux points.

- Vous aviez eu un peu de mal à enchaîner après votre victoire sur Moya l'an dernier à Alicante. Avez-vous prévu un plan pour continuer à engranger des victoires ?
- Je n'ai pas beaucoup le temps de récupérer. Je rentre désormais directement à Indian Wells donc je vais sûrement partir demain. Je vais me reposer là-bas. Mais on est en début d'année et je pense vraiment que je peux faire de bonnes choses en ciblant bien mes tournois. J'espère que je vais continuer sur ma lancée.

- Cette rencontre peut-elle relancer individuellement les membres de l'équipe ?
- J'espère que ça va être un nouveau départ pour plusieurs d'entre nous. Pour Sébastien, même s'il a perdu ses deux matches, j'espère que cette rencontre va lui apporter et qu'il va reprendre confiance en lui. Pour « La Clé » (Arnaud Clément), qui a fait un énorme double, j'espère surtout que ça va le relancer. Pour moi, espérons que ce soit un nouveau départ.

- En quarts de finale, vous retrouverez donc la Russie et un certain Mikhail Youzhny ?
- Ca va être une rencontre très difficile. D'ici là, j'espère que tous les joueurs vont accumuler beaucoup de confiance dans les tournois. Sur le papier, on ne sera toujours pas favoris mais on a une chance. On a une belle équipe et un bel état d'esprit. A titre personnel, je n'aurai pas de soif de revanche mais je n'oublierai jamais ce match. C'était un grand moment, quelque chose d'incroyable. Chaque rencontre est différente et unique.

# Posté le samedi 23 avril 2005 17:46

PAULO CE HEROS ...

Immense Paul-Henri Mathieu ! Lors d'un cinquième match décisif formidable, l'Alsacien, devant son public, a triomphé de Thomas Johansson, 6/1, 6/4, 6/7 (4), 6/4. Dans une ambiance fabuleuse, "Paulo" a réussi un match époustouflant, même s'il a cru revivre un instant le cauchemar de la finale 2002, à Bercy. Le Suèdois a en effet effacé deux balles de match dans le troisième set. La victoire n'en est que plus belle...


D'abord, le moment où tout a failli basculer. Celui où tout aurait pu s'écrouler. Il est 18h20 à Strasbourg, quand Paul-Henri Mathieu est en passe d'achever son chef-d'oeuvre. Un ace lui offre une première balle de match. Il mène 6/1, 6/4, 5-4, 40-30. La Hall Rhenus Sports s'enflamme. La ferveur du public est immense. L'échange s'engage. "Paulo" a l'avantage mais le Suédois Thomas Johansson défend bien. Et finalement l'Alsacien commet la faute en coup droit.

Pas si grave. Un nouvel ace lui donne une deuxième balle de match. Mais le Suèdois frappe un revers croisé intouchable. Johansson, dominé jusque là dans tous les compartiments du jeu, profite alors de la crispation de son adversaire. Il recolle à 5-5. Et voilà qu'il arrache le troisième set au tie-break, 7 points à 4, en réussissant un festival de services et d'accélérations fulgurantes. Mieux, il breake au début du quatrième set...

Tout le monde pense à Youzhny...

Evidemment, les 6 000 spectateurs, les deux équipes, les deux capitaines, les deux joueurs, tout le monde pense à Mikhaïl Youzhny. Tout le monde. Personne n'a oublié qu'en finale de la Coupe Davis, en 2002, à Bercy, "Paulo" avait perdu le cinquième match décisif face au Russe, alors qu'il menait deux sets à zéro, alors qu'il surclassait son rival, avant de fléchir peu à peu.

Mais le scénario de Bercy ne se reproduira pas à Strasbourg. Car "Paulo" n'est plus le même homme. Et puis il a réussi un tel début de match face à Johansson...Rassurant !

Un premier set parfait

Flash-back. Quand Paul-Henri Mathieu et Thomas Johansson font leur entrée sur le court, à 15h53, il pèse sur les deux joueurs une énorme pression. Car le destin de la rencontre se trouve entre leurs mains.

"Paulo", malgré son modeste rang de 99e mondial, a plus d'expérience qu'en 2002. Il a dominé Carlos Moya à Alicante l'an passé en Coupe Davis,. Vendredi, il n'a laissé aucune chance à Joachim Johansson. De son côté, Thomas Johansson, classé 25e mondial, est plus connu pour être un adepte des surfaces rapides, témoin son triomphe inattendu à l'Open d'Australie 2002. Mais il a livré un match parfait, vendredi, face à Grosjean

Mathieu reçoit une formidable ovation lors de la présentation des joueurs. Il garde un bon souvenir de sa seule confrontation avec Thomas Johansson, qu'il avait battu en chemin lors de la conquête du titre au Grand Prix de Lyon, en 2002. Il débute d'ailleurs par un jeu blanc, sur son service. Agressif, son entmae de match est idéal. En revers le long de la ligne, c'est un festival. En coup droit, il "arrondit" parfaitement les trajectoires pour repousser son rival. Au service, il est brillant. Et en plus, il vient conclure les points au filet quand il le faut

Johansson écoeuré

Très vite, "Paulo" s'adjuge la première manche 6/1 en 40 minutes. L'Alsacien a donné la leçon à Johansson. Dans le deuxième set, le Suédois élève son niveau de jeu, mais ça ne suffit pas. Le Français passe la "surmultiplié" à 3-2 contre lui. Il avale 12 des 13 points suivants. C'est sur un service gagnant qu'il se détache 6/1, 6/4 après 1h23 de jeu.

Plus équilibré, le troisième set semble basculer en sa faveur quand il s'offre un nouveau break à 2-2. Johansson est écoeuré par son adversaire. Mathieu réussit même une merveille de volée amortie de revers. Pourtant, ce n'est pas son point fort. le Français s'envole, 5-3. Mais on sait ce qu'il va advenir. Bientôt, c'est Johansson qui aura le vent en poupe.

Ressources incroyables

Après avoir donc sauvé deux balles de match, remporté la troisième manche au tie-break et s'être détaché 4-2 au quatrième, le vainqueur de l'Open d'Australie 2002 devient irrésistible. Depuis quelques minutes, il enfile les aces comme des perles. Il a même obtenu une balle de 4-1, double break, écartée par le Français d'un coup droit gagnant. Comment Mathieu va-t-il s'en sortir ? Une ombre plane, celle d'un certain joueur russe. "Paulo" est-il maudit ?

A 4-3, Mathieu va alors trouver des ressources incroyables. Dans ce huitième jeu, Johansson sert encore bien, mais cela ne suffit. Trois superbes retours, enchaînés par trois coups droits dévastateurs lui permettent de recoller à 4-4. Ce match est décidément formidable. Et que dire du public strasbourgeois. Quelle une ambiance de folie, sans jamais dépasser la limite.

Un passing hallucinant

A 4-4, Mathieu doit quand même effacer une balle de break sur son service. Il le fait de façon autoritaire, avec une séquence service-coup droit croisé. Les points gagnants se succèdent. Johansson, lui aussi, est grand. Il se découvre un niveau de jeu inspoupçonné sur terre battue. Il est tout de même dos au mur. 5-4 pour la France !

Le Suédois est au service. A 30-15, il est cloué sur place par un passing de revers bloqué hallucinant du Français. Qui décoche ensuite un retour de coup droit lumineux, conclu par un smash rageur. Troisième balle de match. Il est 19h35. Et nouvelle désillusion pour les 6 000 supporters bleu-blanc-rouge. Johansson frappe un coup droit gagnant, alors que l'Alsacien s'était trop décalé sur son retour. Cela commence à tourner au cauchemar...

Mathieu se bat comme un fou. Il sauve trois balles de 5-5. Et puis un revers dans le filet de son rival lui donne une quatrième balle de match. Il est 19h40. On joue depuis 3h38. L'heure de la délivrance. Enfin. Comme un symbole, c'est sur un point gagnant, un coup droit croisé qui suit un formidable retour, que "Paulo" remporte l'une des plus belles batailles de sa carrière. Le héros tombe à genoux et frappe la terre battue avec sa tête. La fête peu commencer !

Ca se passe comme ça...

Bientôt, les "Paulo", "Paulo" résonnent à travers la salle, et s'entendent sûrement jusque dans la cathédrâle de Strasbourg. Le public entonne ensuite une "Marseillaise". Guy Forget prend le micro et chante "C'est un beau roman, c'est une belle histoire". Avant de demander aux spectateurs : "ça se passe toujours comme ça, à Strasbourg ?" C'était une première pour la ville alsacienne en Coupe Davis. Une première réussie...

# Posté le samedi 23 avril 2005 17:49

HOUSTON : SEBASTIEN S'EST OFFERT AGASSI!!

Sébastien Grosjean peut jubiler. Le Français, moral en berne ces dernières semaines, a réussi une belle performance en venant à bout d'Andre Agassi en trois sets (4-6, 6-1, 6-2) en quarts de finale du tournoi de Houston. Dans le derner carré, le Marseillais sera opposé à Nicolas Lapentti qui a disposé de James Blake (6-4, 1-6, 7-6).

# Posté le samedi 23 avril 2005 17:55

EQUIPE

Cette photo regroupe les principaux membres de l'équipe de France!!

# Posté le samedi 23 avril 2005 18:36

SEBASTIEN RETROUVE LE SOURIR

Sébastien Grosjean a retrouvé la forme. Dans la foulée de son succès sur Andre Agassi en quart de finale, Sébastien Grosjean s'est qualifié pour la finale du tournoi de Houston, sa première depuis un an. Le Marseillais, qui a sorti Nicolas Lappenti 6-1, 7-6, affrontera ce dimanche l'Américain Andy Roddick, tête de série numéro un et tombeur de l'Autrichien Melzer 6-4, 6-2. A un mois de Roland-Garros, Grosjean se refait une santé au bon moment.

# Posté le dimanche 24 avril 2005 07:21