Arnaud Clément va connaître sa deuxième sélection en double aux côtés de Michaël Llodra. S'il ne crie pas victoire, l'Aixois reste optimiste quant à l'issue de ce premier tour face à la Suède.
Arnaud, vous allez vivre votre deuxième expérience en double en Coupe Davis aux côtés de Michaël Llodra, après Alicante en septembre dernier. Cette fois, c'est prévu. Cela va-t-il changer quelque chose dans votre approche du match ?
Sans doute. Cela fait un petit moment que je m'y prépare, alors qu'à Alicante, cela s'était fait un peu au dernier moment. Je m'étais préparé pour jouer aussi bien en simple qu'en double, mais il est clair que là, de le savoir un peu plus à l'avance, on se prépare différemment, mieux. On a fait pas mal de matches ensemble cette semaine, et sur terre battue on a un peu plus de repères. En plus, depuis Alicante, on a également disputé plusieurs tournois ensemble, gagné pas mal de matches et cela rajoute aussi à notre confiance.
Prenez-vous du plaisir à jouer tous les deux ?
"Mika" est un mec que j'adore, pas simplement pour jouer mais aussi dans la vie de tous les jours. Et quand on est sur le terrain aussi, on prend donc beaucoup de plaisir à jouer ensemble. On s'amuse, on se régale et nos résultats étaient pas mal ces derniers temps.
Quelle est selon vous la force du duo Llodra-Clément ?
Je pense qu'on est complémentaires. Quand je joue en double, ça me fait du bien d'avoir à mes côtés un type qui joue comme lui, avec un gros service, une très bonne volée. Jouer à côté de "Mika", il y en a beaucoup qui aiment. C'est dur de ne pas aimer. Il est également très solide en retour, un peu dans tous les domaines. C'est plus un joueur comme ça qu'il me faut, plutôt qu'un joueur dans mon registre.
Vous vous sentez bien à côté de lui ?
Oui, car il a un jeu très sûr. On sait qu'en double, il est très solide dans ce jeu de service-volée, car c'est aussi comme ça qu'il aime jouer en simple. Il dégage une sérénité là-dedans et c'est clair que quand on est à côté de lui, cela rassure et aide à jouer son meilleur tennis.
On a l'impression que ça fait longtemps que l'équipe de France n'avait pas abordé une rencontre dans une position aussi défavorable. Est-ce aussi votre avis ?
Je ne suis pas d'accord avec ça. En tout cas, à chaque rencontre, on se prépare de la meilleure manière possible, pour être le plus performant possible le jour où ça commence. Qu'on joue telle ou telle équipe, sur gazon, sur dur ou sur terre battue, ça ne change pas grand-chose. On essaie de se préparer du mieux possible pour être prêts. Après, les joueurs qu'on a en face, c'est un autre problème. On verra pendant les matches, au moment de trouver des solutions si cela se passe un peu moins bien. Mais en tout cas, la France est déjà passée par des rencontres plus difficiles à aborder sur le papier, comme par exemple en Australie pour la finale en 2001. Les Australiens étaient archi favoris alors que là, je ne considère pas les Suédois comme étant archi favoris contre nous.
En 2001, cependant, vos résultats individuels étaient plutôt bons ce qui n'est pas le cas ces derniers temps...
Oui, mais en Australie, si on se rappelle bien du contexte, Sébastien (Grosjean) était le seul à jouer très, très bien à ce moment-là. Nicolas (Escudé) n'avait pas gagné beaucoup de matches avant et il avait été exceptionnel pour la finale. C'était pareil un peu pour tous les joueurs, sauf Sébastien. Aujourd'hui, on est une équipe assez expérimentée. On a vécu pas mal de rencontres tous ensemble, certaines où on était en pleine forme, où on avait bien joué avant ; d'autres un peu moins. Ce qui compte, c'est la façon dont on aborde les rencontres. Aujourd'hui, je pense qu'on est prêts, qu'on s'est bien préparés. La Coupe Davis, c'est tellement particulier... Récolter des victoires avant, c'est clair que c'est toujours important pour son jeu, pour la confiance, mais encore une fois, dans une ambiance comme ça, dans des conditions comme ça, c'est tellement particulier que ça compte moins qu'ailleurs.
Pouvez-vous nous dire un petit mot sur Bjorkman, le numéro un de la discipline ?
C'est un client en double. Il joue très bien depuis des années. Il a gagné des tournois du Grand Chelem. C'est un joueur très complet mais pour moi, Bjorkman n'est pas meilleur en double que "Mika". A mon avis, ce double sera, bien sûr, très difficile à gagner mais il reste très ouvert.