LETTRE DE PAULO (AVANT BARCELONE)

13 avril 2005:

Salut,

juste un petit mot pour revenir sur Monte-Carlo où je n'ai pas vraiment été gâté par le tirage. Jouer Guilermo Coria, au premier tour, ce n'était vraiment pas un cadeau. C'était pas évident, je fais un mauvais premier set et dans le deuxième, j'ai quelques occasions que je ne transforme pas.

C'est dommage mais contre ce type de joueurs, on ne peut pas se permettre de ne pas être à 100% Mais au niveau tennis, je ne me suis pas senti inférieur.

is aujourd'hui ce qui me préoccupe, c'est une douleur à la jambe, contractée mercredi matin à l'entraînement. Je ne sais pas de quoi il s'agit, je pense que c'est musculaire. Je dois voir le médecin et je vous donnerai des nouvelles très vite.

En tout cas, il y a peu de chances pour que je puisse disputer les qualifications à Barcelone comme prévu. Si je suis arrêté quelques jours, j'espère être rétabli pour jour les qualifs à Munich...

A+

Paul-Henri
{péché sur son site}

# Posté le vendredi 22 avril 2005 17:21

PAULO AVANT COUPE DAVIS FRANCE SUEDE (INTERVIEW)

Je ne pouvais tout de même pas faire l'impasse sur ce superbe premier tour de coupe Davis!!

Natif de Strasbourg, Paul-Henri Mathieu va avoir le privilège de lancer la rencontre face à la Suède. Ce vendredi, à 13h00, il se mesure au surpuissant Joachim Johansson.


Paul-Henri, vous allez donc débuter la rencontre, face à Joachim Johansson...

Je le connais depuis les catégories de jeunes, mais je ne l'ai jamais joué sur le circuit professionnel. Evidemment, cela va être un match très difficile. Il a très bien joué en début d'année. C'est sûr qu'il est en confiance et ce ne sera pas évident.



Surtout avec son service dévastateur...

C'est vrai qu'il a un gros service ! Bien sûr, c'est mieux de le jouer sur terre battue mais même sur terre battue, son service est efficace. Mais bon, je vais essayer de faire le maximum pour retourner du mieux possible.



Pensez-vous justement que le retour soit la clé de ce match ?

Non. S'il me sort un ace, je ne pourrai rien faire de toute façon. Bien sûr, je vais essayer de mettre le plus de retours possibles dans le court, mais la clé sera aussi son service justement. S'il sert un peu moins bien, ce sera bon pour moi.



Vous avez beaucoup observé Joachim Johansson cette semaine. Pensez-vous qu'il est à 100% de ses moyens ?

On ne l'a pas tant regardé que ça. Mais je pense qu'il est à 100%, car il servait quand même assez fort. Je suis d'ailleurs un peu étonné qu'il ait mal à l'épaule ! De toute façon, s'il n'était pas à 100%, il ne jouerait pas. On ne peut pas se permettre de jouer la Coupe Davis sans être à 100%.



Cela ne vous dérange pas d'ouvrir les débats ?
Non, pas plus que ça. Il y a du pour et du contre, mais en Espagne à Alicante, j'avais déjà commencé et cela ne m'avait pas gêné.



Pour revenir à Joachim Johansson, il a passé 51 aces à Andre Agassi à l'Open d'Australie cette année. Un bilan très impressionnant. Qu'est-ce qu'on se dit quand on rencontre un tel joueur ?

Je ne me suis pas encore posé la question ! S'il me passe 51 aces, je ne pourrai rien faire ! Non, il faudra que je trouve une faille autre part. Cela dit, il y aura forcément un moment où il servira moins bien. C'est à ce moment là qu'il faudra me glisser et lui passer devant.



On rappelle qu'il avait perdu ce fameux match face à Agassi...

Justement. Perdre un match en passant 51 aces, c'est dur à imaginer mais il a prouvé que c'était possible.



Autre point positif pour vous : la terre battue n'est pas vraiment sa surface de prédilection...

Non, mais je pense quand même qu'il peut bien jouer sur terre, car il a une balle assez lourde et il frappe très fort, mais il est évident que ce n'est pas sa meilleure surface.



Vous avez dit que Joachim Johansson était à 100%. Et vous, où en êtes-vous ?

A 100% aussi. Et dans l'équipe, on l'est tous. C'est quand même une rencontre de Coupe Davis et on ne peut pas se permettre de ne pas être au top physiquement.



Comment se passent les dernières heures avant un grand rendez-vous comme celui-là ?

Je me suis entraîné ce matin. Cet après-midi, je vais me reposer et c'est tout ! Rien de spécial !



Le public strasbourgeois a-t-il un rôle très important à jouer selon vous ?
Oui, c'est toujours très important et en plus, cette fois, c'est chez moi à Strasbourg. C'est vrai que cela peut m'apporter un plus et beaucoup nous aider.



Vos proches seront là également. Est-ce une pression ou une aide précieuse ?
Il y a toujours un peu de pression mais je pense avoir déjà joué des matches où il y en avait beaucoup plus. Et de toute façon, la pression, on aime ça. C'est ce qui nous fait bien jouer.



On vous avait laissé à Alicante avec des sentiments mitigés : votre superbe victoire sur Carlos Moya mais également la défaite de l'équipe de France. Où en êtes-vous aujourd'hui ?

C'est vrai que j'étais à la fois content et déçu. J'avais puisé beaucoup d'énergie là-bas, j'avais donné tout ce qui me restait et j'ai eu beaucoup de mal à finir la saison ensuite. Depuis, j'ai fait un début d'année mitigé. J'avais bien commencé à Chennai, avec un bon niveau de jeu. Ensuite, cela a été un peu plus dur, mais ça va revenir. Le niveau est là, il manque juste un peu de constance.



Le match contre Moya est-il votre référence désormais en Coupe Davis, ce sur quoi vous pouvez vous appuyer ?

Oui, c'est ma seule victoire pour l'instant ! Donc bien sûr, c'est un match référence pour moi en Coupe Davis, c'est évident.



Joachim Johansson est 11e mondial, vous êtes 99e. C'est un écart énorme. Pensez-vous pouvoir inverser la tendance sur terre battue ?

Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est qu'en septembre, j'étais 130e, que Moya était 5e et que j'ai réussi à le battre... Je n'ai pas fait une saison complète l'an passé, c'est donc difficile à dire. J'ai réintégré les 100 premiers, je suis déjà content. Le classement, aujourd'hui, ne veut plus rien dire. Sur un match, tout le monde peut battre n'importe qui.

# Posté le vendredi 22 avril 2005 17:45

SEBASTIEN GROSJEAN AVANT COUPE DAVIS (INTERVIEW)

Blessé en début de saison à la cuisse, Sébastien Grosjean est à la recherche de sa meilleure forme en ce début de saison. Le Marseillais pourrait faire son retour en équipe de France de Coupe Davis, après avoir manqué toute la saison 2004. Malgré quelques doutes, le numéro un français semble impatient de disputer cette rencontre.

- Sébastien, tout d'abord, comment va votre cuisse ?

- De mieux en mieux. Aujourd'hui, j'ai essayé de me livrer un peu plus, surtout sur les courses. Je vais reprendre confiance en mon physique petit à petit, au fil des entraînements. Il me reste deux jours pour mettre mon jeu vraiment en place et être prêt pour vendredi.



- Comment vous sentez-vous sur cette surface et dans cette enceinte du Hall Rhénus Sports ?

- Très bien, j'ai vraiment de bonnes sensations, même si je suis bien sûr encore un peu "court" physiquement. Le stage de Genève m'a d'ailleurs fait beaucoup de bien. Si l'on a fait le choix de jouer sur cette surface, c'est parce que c'est la mieux adaptée à notre équipe. La salle est belle et je pense qu'avec du monde, ce sera une super rencontre, en espérant qu'on produira notre meilleur tennis.



- Comment jugez-vous l'équipe suédoise ?


- Avec la possible participation de Joachim Johansson, ce sont les favoris. Nous n'avons donc rien à perdre. Mais je préfère être dans cette position d'outsider. Le niveau des Suédois est excellent, surtout avec Joachim. Mais on se concentre davantage sur nous et sur le jeu à mettre en place. On ne fait pas vraiment attention à eux.



- Après un début d'année délicat, on a le sentiment que ce premier tour de Coupe Davis pourrait marquer votre véritable début de saison...

- Vous savez, j'ai fait une bonne préparation hivernale. Je jouais très bien en Australie, mais malheureusement, je me suis blessé. Quelques temps après, je me suis refait mal à la cuisse. C'est vraiment pas de chance ! Mais mon jeu était en place, j'ai donc quand même déjà de bonnes bases. Maintenant, être en Coupe Davis, avec Guy (Forget) sur le terrain, peut me redonner confiance. Pour définitivement lancer cette saison, la Coupe Davis peut être un excellent moyen.



- Un mot sur Gaël Monfils. L'avez-vous pris sous votre aile ?

- Il s'est adapté assez facilement à l'équipe. Gaël a un très bon état d'esprit. Il adore ce sport et il est entré parfaitement dans ce groupe. Nous verrons qui va jouer vendredi, mais cela restera à mon avis une très bonne expérience pour lui.

# Posté le vendredi 22 avril 2005 17:49

MICKAEL AVANT COUPE DAVIS (INTERVIEW)

Retenu par Guy Forget pour disputer le double avec Arnaud Clément, Michaël Llodra a une revanche à prendre. En septembre dernier, Clément et Llodra avaient été battus en cinq sets par Rafael Nadal et Tommy Robredo, précipitant la défaite de l'équipe de France. Ce samedi, les deux compères seront à nouveau aligné, cette fois contre les Suédois Simon Aspelin et Jonas Bjorkman.


Michaël, vous allez connaître une nouvelle sélection en double aux côtés d'Arnaud Clément. A Alicante, en demi-finale contre l'Espagne l'an dernier, ça ne s'était pas très bien passé...

Déjà, en Espagne, c'était une première. On était sélectionné avec Fabrice (Santoro) pour jouer le double à Alicante. Mais on avait su finalement un quart d'heure avant le match que j'allais jouer avec Arnaud (Fabrice Santoro s'était blessé au poignet gauche lors du deuxième simple contre Juan Carlos Ferrero, NDLR). Donc là, avec Arnaud, c'est la première fois qu'on est aligné dès le début. Et on a pu se préparer depuis le début de la semaine, chose qu'on n'avait pas réussi à faire à Alicante. Par rapport à ça, on a trouvé des repères. On a joué des tournois ensemble depuis. On en a gagné (victoire à Saint-Pétersbourg en octobre 2004). Le fait d'arriver sur le terrain, d'avoir de la confiance, d'être prêt, c'est complètement différent. Depuis le début du stage, on a fait des exercices de double. On a essayé d'être le plus performant possible, et une nouvelle fois on essaiera de jouer à notre meilleur niveau samedi.



Que vous inspire la paire suédoise Aspelin-Bjorkman ?


Ça sera un match très, très dur. Bjorkman a toujours été très performant en Coupe Davis, et cela peu importe le partenaire avec lequel il a pu jouer. Toute l'année, il joue avec des partenaires différents et il s'en sort plutôt pas mal. Aspelin est aussi un très bon joueur de double, contrairement à ce qu'on pourrait penser. Il a réalisé un très bon début de saison. Ça sera donc très dur, même si, sur le papier, on a peut-être un petit ascendant sur terre battue. Mais en Coupe Davis, rien n'est jamais joué. Du premier au dernier point, tout peut se passer. C'est vraiment un régal de pouvoir disputer un match comme ça. C'est toujours fabuleux de revenir en Coupe Davis.



Quelle est la force de votre duo avec Arnaud Clément ?

Avec Arnaud, on s'entend très, très bien sur le terrain et en dehors. C'est vrai qu'en dehors du court, on est vraiment très, très proches. Sur le terrain, pouvoir se transcender l'un pour l'autre et sortir notre meilleur niveau, c'est un régal. Quand on arrive à bien jouer avec un copain et s'éclater, je peux vous dire que c'est fabuleux. J'ai eu la chance de jouer en Coupe Davis avec des supers gars. Que ce soit avec Fabrice (Santoro), Nicolas (Escudé), ou Arnaud, on est très complémentaires. C'est une chose en plus. Je vois des nations où c'est toujours délicat. Certains râlent ou s'associent juste pour la Coupe Davis. Nous, on a cette force qui est propre à l'équipe de France : on est solidaires et on a envie de se déchirer l'un pour l'autre.



On connaît votre humour à tous les deux. Ça blague entre vous ?

(Sourire) Non, non, pas du tout. On est très sérieux, très coincés. Non, non, on est plutôt relâchés dans l'ensemble. Il faut quand même rester concentré sur l'objectif, qui est la victoire en double, et après, la victoire finale. Mais ne vous inquiétez pas. Parfois sur le terrain, il y a deux, trois blagues qui sortent. Mais on se remet tout de suite dedans.



Qu'est-ce qui fait que Jonas Bjorkman est un grand joueur de double ?

Déjà, ça fait une quinzaine d'années qu'il joue le double sur le circuit. On apprend tous les jours en double, que ce soit à 25 ans ou à 30 ans. Même si on a le meilleur palmarès possible. J'ai eu une discussion avec Todd Woodbridge (avec 80 victoires en tournois, l'Australien est le recordman du nombre de titres remportés en double depuis le début de l'ère open en 1968, NDLR) qui me disait que, même maintenant, il continuait d'apprendre avec des partenaires différents. A n'importe quel âge on progresse. Bjorkman sert bien, il retourne bien, il est très solide à la volée. En double, c'est déjà pas mal quand on arrive à mettre tout ça en place. C'est aussi un gars qui adore la compétition, qui adore se déchirer. Ça sera encore un match très dur à remporter. Mais c'est comme ça qu'on les aime. Ça serait trop simple si c'était déjà acquis d'avance. C'est pour ça qu'on se prépare et qu'on a envie de jouer au tennis.

# Posté le vendredi 22 avril 2005 17:52

ARNAUD AVANT COUPE DAVIS (INTERVIEW)

Arnaud Clément va connaître sa deuxième sélection en double aux côtés de Michaël Llodra. S'il ne crie pas victoire, l'Aixois reste optimiste quant à l'issue de ce premier tour face à la Suède.

Arnaud, vous allez vivre votre deuxième expérience en double en Coupe Davis aux côtés de Michaël Llodra, après Alicante en septembre dernier. Cette fois, c'est prévu. Cela va-t-il changer quelque chose dans votre approche du match ?

Sans doute. Cela fait un petit moment que je m'y prépare, alors qu'à Alicante, cela s'était fait un peu au dernier moment. Je m'étais préparé pour jouer aussi bien en simple qu'en double, mais il est clair que là, de le savoir un peu plus à l'avance, on se prépare différemment, mieux. On a fait pas mal de matches ensemble cette semaine, et sur terre battue on a un peu plus de repères. En plus, depuis Alicante, on a également disputé plusieurs tournois ensemble, gagné pas mal de matches et cela rajoute aussi à notre confiance.



Prenez-vous du plaisir à jouer tous les deux ?

"Mika" est un mec que j'adore, pas simplement pour jouer mais aussi dans la vie de tous les jours. Et quand on est sur le terrain aussi, on prend donc beaucoup de plaisir à jouer ensemble. On s'amuse, on se régale et nos résultats étaient pas mal ces derniers temps.



Quelle est selon vous la force du duo Llodra-Clément ?

Je pense qu'on est complémentaires. Quand je joue en double, ça me fait du bien d'avoir à mes côtés un type qui joue comme lui, avec un gros service, une très bonne volée. Jouer à côté de "Mika", il y en a beaucoup qui aiment. C'est dur de ne pas aimer. Il est également très solide en retour, un peu dans tous les domaines. C'est plus un joueur comme ça qu'il me faut, plutôt qu'un joueur dans mon registre.



Vous vous sentez bien à côté de lui ?

Oui, car il a un jeu très sûr. On sait qu'en double, il est très solide dans ce jeu de service-volée, car c'est aussi comme ça qu'il aime jouer en simple. Il dégage une sérénité là-dedans et c'est clair que quand on est à côté de lui, cela rassure et aide à jouer son meilleur tennis.



On a l'impression que ça fait longtemps que l'équipe de France n'avait pas abordé une rencontre dans une position aussi défavorable. Est-ce aussi votre avis ?

Je ne suis pas d'accord avec ça. En tout cas, à chaque rencontre, on se prépare de la meilleure manière possible, pour être le plus performant possible le jour où ça commence. Qu'on joue telle ou telle équipe, sur gazon, sur dur ou sur terre battue, ça ne change pas grand-chose. On essaie de se préparer du mieux possible pour être prêts. Après, les joueurs qu'on a en face, c'est un autre problème. On verra pendant les matches, au moment de trouver des solutions si cela se passe un peu moins bien. Mais en tout cas, la France est déjà passée par des rencontres plus difficiles à aborder sur le papier, comme par exemple en Australie pour la finale en 2001. Les Australiens étaient archi favoris alors que là, je ne considère pas les Suédois comme étant archi favoris contre nous.



En 2001, cependant, vos résultats individuels étaient plutôt bons ce qui n'est pas le cas ces derniers temps...

Oui, mais en Australie, si on se rappelle bien du contexte, Sébastien (Grosjean) était le seul à jouer très, très bien à ce moment-là. Nicolas (Escudé) n'avait pas gagné beaucoup de matches avant et il avait été exceptionnel pour la finale. C'était pareil un peu pour tous les joueurs, sauf Sébastien. Aujourd'hui, on est une équipe assez expérimentée. On a vécu pas mal de rencontres tous ensemble, certaines où on était en pleine forme, où on avait bien joué avant ; d'autres un peu moins. Ce qui compte, c'est la façon dont on aborde les rencontres. Aujourd'hui, je pense qu'on est prêts, qu'on s'est bien préparés. La Coupe Davis, c'est tellement particulier... Récolter des victoires avant, c'est clair que c'est toujours important pour son jeu, pour la confiance, mais encore une fois, dans une ambiance comme ça, dans des conditions comme ça, c'est tellement particulier que ça compte moins qu'ailleurs.



Pouvez-vous nous dire un petit mot sur Bjorkman, le numéro un de la discipline ?


C'est un client en double. Il joue très bien depuis des années. Il a gagné des tournois du Grand Chelem. C'est un joueur très complet mais pour moi, Bjorkman n'est pas meilleur en double que "Mika". A mon avis, ce double sera, bien sûr, très difficile à gagner mais il reste très ouvert.

# Posté le vendredi 22 avril 2005 17:55